Je suis écolo !

Pourquoi, alors que je me sens écolo dans l’âme, je peux rester parfois plus de 10 minutes sous la douche ? Suis-je un vilain petit canard du développement durable ? Un traître à la cause écologiste ? Un tueur d’ours polaire ? Même si je m’en veux régulièrement de cette pratique presque honteuse en ces temps de « gestes verts », « d’agir responsable » de « vivre durable », je reste confiant et certain que je suis sur la bonne voie, celle qui est faite pour moi : l’amélioration continue. Ceux qui sont familiers du management qualité sauront de quoi je parle : je mise sur mon amélioration perpétuelle et continue plutôt que sur un changement radical de mon mode de vie.

Moi et les autres

Depuis quelques semaines j’essaye de passer moins de temps sous ma douche pour économiser de l’eau et de l’énergie. Et maintenant je lis qu’il faudrait prendre seulement une douche par semaine pour économiser 14 000 litres d’eau et sauver la planète! Chaque jour nous recevons des messages condescendants, moralisateurs voire culpabilisants nous intimant de boycotter telle marque, d’éteindre les lumières et de baisser d’1 degré le chauffage pour économiser 7% d’énergie… Et ce ne sont pas seulement les autres mais aussi nous-même qui sommes à l’origine de ces injonctions.

Mis bout à bout, tous ces messages forment la liste sans fin du guide du parfait être humain. Ne vous méprenez pas, ces messages sont très souvent fondés et légitimes, c’est leurs accumulation qui donne une sensation de montagne infranchissable. Et cette montagne renvoie les échos de tous ces sacrifices qu’on doit faire pour atteindre l’idéal.

Que faire ?

Dès lors deux méthodes s’affrontent :

Les plus militants grimperont la montagne. Ils changent radicalement leur mode de vie, passent de requin de la finance à permaculteur. Mais tout le monde n’a pas ce déclic salvateur et cette énergie qui pousse à changer complètement son mode de vie. Mais ce sont souvent ces derniers qui sont mis en avant (à raison) dans les médias. On les tient alors comme modèle du changement (à tort). Car si cette méthode leur a réussi, ça ne sera pas le cas nous autres, les écolos pragmatiques ou modérés pour qui le sacrifice demandé est trop grand.

La seconde méthode est donc celle qui doit être partagée et adoptée par tous : l’amélioration continue. La démarche est simple : être indulgent envers soi-même et accepter l’imperfection. Pour vaincre le sentiment de sacrifice il faut avancer lentement mais surement. Le changement est un mouvement perpétuel. Et si ce mouvement est suffisamment en phase avec le rythme acceptable d’évolution de notre vie il peut même nous rendre particulièrement heureux. (C’est Spinoza qui le dit).

Quel est alors le rôle de chacun dans ce changement ?

Le rôle de l’état et des collectivités territoriales est d’accompagner et d’aider ce changement par un contexte juridique et fiscal favorable, par la médiatisation des messages environnementaux et des aides au financement.

Le rôle des citoyens est de partager leur expérience et de démontrer que le changement jour après jour est non seulement possible mais également garanti sans sacrifice s’il est opéré dans un rythme soutenable.

Le rôle que le CID tente de jouer est d’accompagner les particuliers et professionnels qui ont un projet de maison durable. Nous les aidons de la conception à la remise des clefs. Et c’est parque nous sommes convaincu qu’une démarche d’amélioration continue est plus efficace que de vouloir tout faire d’un coup que nous adaptons notre travail et nos propositions à la volonté d’agir de chacun.

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